Les OGM dans mon assiette et dans ma cour

La soirée s’est déroulée le 12 novembre 2003. Nous étions quatorze personnes réunies afin de discuter des OGM: quels sont les enjeux? Doit-on s’inquiéter? Qu’est-ce que c’est exactement?
En premier lieu, j’ai fait une introduction sur le sujet sous l’angle théorique et scientifique. Par la suite, les différents aspects ont été abordés et débattus. Tout au long de la soirée, chacun était invité à poser ses questions, quelles qu’elles soient, et nous tentions d’y répondre.
Je vous suggère un résumé du contenu de la soirée ci-dessous. Évidemment, nous n’avons pas trouvé de solution miracle à la question des OGM et nous n’avons pas couvert tous les aspects de la problématique de façon exhaustive. Il s’agit d’un début de réflexion.

Avant de me lancer dans les explications, il est bon que vous connaissiez quelques définitions. Si la signification de certains mots vous échappe, n’hésitez-pas à me demander des présicions.
Pour débuter, nous devons identifier clairement ce qu’est un OGM. Cet acronyme signifie organisme génétiquement modifié et réfère à un organisme dont un ou plusieurs gènes ont été modifiés ou introduits artificiellement par des techniques de génie génétique.

Si vous avez bien lui et compris les définitions, cela signifie donc qu’un OGM a dans son organisme une ou des protéines qui ne sont pas habituellement présentes ou qui le sont dans une proportion différente. Par exemple, une protéine peut être complètement éliminée de l’organisme ou se retrouver en plus grande quantité que dans la nature. Si un gène étranger (provenant d’une autres espèce par exemple) est introduit, alors la protéine qui est codée par ce gène sera présente dans les cellules de l’organisme.
Différents organismes peuvent être modifiés. Le tableau suivant résume ce qui a été expérimenté
OGM et pharmaceutique

Quels sont les enjeux de la technologie transgénique? Pourquoi est-elle aussi controversée? Pourquoi suscite-t-elle autant débats? Comment démêler le vrai du faux? Nous avons tenté de faire un tour d’horizon rapide pour nous donner une vision globale de la problématique et ainsi arriver à s’y retrouver, à se faire une opinion éclairée.

Les plantes transgéniques présentent de nombreux avantages pour l’industrie pharmaceutique. Elles permettent de produire une protéine donnée à très grande échelle à un coût très bas sans compromettre la qualité du produit. On peut comparer l’utilisation des différents organismes génétiquement modifiés sous différents critères. Quelques uns sont résumés dans le tableau suivant.

L’utilisation de plantes transgéniques permet de contourner certains problèmes entourant la production de protéines d’intérêt médical:
– La synthèse de protéines en laboratoire est complexe et coûteuse.
– La purification de protéine de source naturelle (extraite du sang, d’organes, d’animaux) présente des limitations sérieuses:
* risque de contamination (sang contaminé)
* utilisation d’animaux
* quantité souvent insuffisante de la protéine dans les tissus.

De plus, les plantes transgéniques rendent possible la mise au point de nouvelles stratégies de traitement très prometteuses. Par exemple, la création d’aliments vaccin. Grâce à ceux-ci, manger un fruit-vaccin pourra immuniser une personne. De nombreux avantages sont associées à un tel traitement : il est rapide, ne demande pas de personnel médical (aucune injection nécessaire), il est peu coûteux et plus facile à acheminer dans des régions difficiles d’accès (un fruit est moins fragile qu’une fiole de vaccin qui doit rester à 4 degrés celsius!).

Historique des plantes transgéniques en pharmaceutique

Historiquement, la première protéine obtenue par une plante transgénique (pour des fins médicales) est l’hormone de croissance humaine, en 1986. Il a été démontré par la suite que les plantes transgéniques sont aussi capables de produire adéquatement des protéines plus complexes, constituées de sous-unités devant être assemblées par la cellule, comme les anticorps par exemple. Le tableau ci-dessous donne quelques exemples de protéines qui ont été produites par des pantes.

Céréales transgéniques: conservation impressionnante des protéines

On a aussi commencé à utiliser des céréales transgéniques à des fin pharmaceutiques pour une raison impressionnante: les protéines accumulées dans les graines séchées des céréales peuvent se conserver jusqu’à 3 ans (anticorps) à température ambiante sans se dégradation ni perte d’activité! Il faut noter qu’habituellement, une protéine est une molécule qui doit être manipulée avec précaution si on veut préserver son activité et éviter qu’elle ne se dégrade. En laboratoire, les protéines extraites sont conservées dans des solutions spéciales et gardées au froid pour assurer leur stabilité. Lorsqu’on veut conserver une protéine pour une longue période, on la conserve à -80 degrés Celsius ou dans l’azote liquide. On comprend donc que les graines séchées de céréales transgéniques accomplissent tout un exploit!

L’envers de la médaille

La technologie transgénique présente donc de nombreux avantages pour l’industrie pharmaceutique. Mais est-ce réellement si beau? Les OGM suscitent aussi des inquiétudes. L’une de celles-ci est la possibilité que les OGM se reproduisent avec les plantes non OGM et créent des hybrides. Ces hybrides, après certains croisements, pourraient donner naissance à des lignées de plantes qui auraient intégré le gène « artificiel » (transgène) dans leur génome et qui pousseraient à l’état sauvage. Le transgène pourrait possiblement favoriser la plante par rapport à ses congénères et déstabiliser l’écosystème.
Aussi, comme on parle de plantes contenant des composés utilisés en pharmaceutique, il y a un risque de toxicité. Cette toxicité menacerait d’abord les herbivores qui se hasarderaient dans le champ d’OGM, mais aussi les insectes pollinisateurs et les micro-organismes du sol qui sont porno essentiels. Éventuellement, si le gène se retrouve dans d’autres plantes (tel que décrit plus haut), ces plantes pourraient présenter les mêmes risques